SAUVETAGE

maltraitance animale

Maltraitance ordinaire

Les reclus du jardinier

On les entendait. Mais on ne les voyait pas. Et pour cause : les 40 chiens du paysagiste de Vaux-sur-Seine (78), n’avaient pas droit à l’air libre. Parqués dans les annexes du pavillon de leur maître, mal nourris, pas soignés pas câlinés, seule régnait en ces lieux la loi du plus fort. Tant pis pour les plus faibles, livrés à leur sort. La Fondation Assistance aux Animaux, alertée par des voisins, a mis fin à cette terrible situation en saisissant les chiens en novembre dernier.

Ils clignent des yeux. Certains lèvent un nez interrogatif en voyant la porte de leur prison ouverte et des inconnus leur parler gentiment. D’autres aboient sans discontinuer, dans l’espoir d’impressionner les nouveaux venus, de se présenter comme les petits chefs de leur univers désolé. Les derniers restent couchés à terre, immobiles et indifférents au remue-ménage qui agite le pavillon de la rue du Temple à Vaux-sur-Seine ce 13 novembre 2014. Les riverains se sont plaints du tapage provoqué par des aboiements ininterrompus et les services préfectoraux ont été prévenus. Policiers et vétérinaires sont donc sur place, avec les représentants de la Fondation Assistance aux Animaux qui accepte de récupérer les chiens, lors même qu’on ignore encore combien ils sont exactement derrière les murs des appentis…

Le propriétaire est là, impassible, limite étonné de cette opération menée chez lui avec la plus grande efficacité. Habitué aux visions cauchemardesques que découvrent peu à peu les sauveteurs, il clame à qui veut l’entendre qu’il n’a pas fait de mal à ses animaux, visiblement pas conscient que la maltraitance, ce n’est pas forcément frapper un animal mais aussi lui faire subir des privations, l’enfermement, l’abandon et l’indifférence la plus totale.

Maltraitance et abandon

Il ne se rend sans doute même pas compte que les seules conditions de vie qu’il imposait à ses chiens sont de la maltraitance avérée. S’il les aimait, il les aimait mal et il a fait leur malheur. Aujourd’hui, il parle de reprendre 4 chiens pour remplacer ceux que la loi lui a soustraits. Un vœu fermement combattu par la Fondation Assistance aux Animaux qui espère bien obtenir à son encontre une interdiction de détenir des animaux, afin d’épargner à ces futur animaux les conditions de vie sordides qu’il a infligés à ceux là. Inutile que l’histoire se répète avec de nouvelles victimes de son incapacité à gérer des animaux de compagnie… Plainte a dons été déposée pour mauvais traitements, actes de cruauté et abandon d’animaux.

maltraitance animale

« En droit, l’infraction d’abandon est caractérisée par l’absence de nourriture en quantité et en qualité suffisantes et/ou d’abreuvement suffisant pour les animaux, précise l’avocat de la Fondation en charge de ce dossier, Me Souplet. Ce n’est donc pas l’absence totale de nourriture qui est reprochée, mais une quantité et une qualité insuffisantes pour l’ensemble des animaux, suffisamment durable pour que dans le groupe de chiens, différents stades de maigreur soient constatés (cachexie, maigreur, juste d’état, voire aucun signe visible apparent tant que l’animal vit sur ses réserves et qu’il domine le groupe pour profiter seul du peu de nourriture distribuée).

Dès qu’une porte est ouverte on est pris à la gorge pas l’odeur de purin qui se dégage des garages et appentis où sont entassés les chiens. Le propriétaire n’a jamais nettoyé les locaux où excréments et urines forment une boue où les animaux pataugent et se couchent faute de pouvoir aller ailleurs. Dans un local d’un mètre carré, trois chiens sont reclus, sans eau, sans nourriture, sans lumière. L’un d’entre eux se trouve dans un état cachectique (ndlr la cachexie caractérise un état d’affaiblissement profond de l’organisme, plus important encore que la maigreur) . Sous un appentis, un mâle rendu agressif par l’enfermement, l’absence de nourriture et d’eau. et une femelle, elle aussi cachectique. Le propriétaire avoue que la nourriture est jetée par le haut du bâtiment car il ne peut les approcher. Pourtant, les soigneurs le prendront en charge sans aucunes difficultés. Peut-être sentait-il qu’il partait pour une vie meilleure… Trois chiots sont nés dans cet enfer trois semaines plus tôt, l’un d’entre eux est coincé entre des planches. Dans une sorte de garage désaffecté et aveugle, une dizaine de chiens dans le noir, sur des palettes : la seule lumière qu’ils connaissent est celle que laisse passer la porte disjointe qui ferme leur prison. Au total 40 chiens, 40 victimes d’un maître en état de déni, déjà prêt à recommencer ses folies sur d’autres…

La vraie vie au refuge

Tous sont maigres, craintifs, blessés, malades. On ne les a pas suffisamment approchés pour soigner le moindre bobo, la plus petite plaie. Alors des pathologies graves se sont installées sur ces bêtes qui ne sont ni identifiées ni vaccinées ni vermifugées. Pattes meurtries, inflammation oculaire massive provoquant la disparition de l’humeur aqueuse et la diminution de la taille de l’œil, conjonctivites, diarrhées, vomissements, troubles respiratoires, stomatites, pyodermites sur les oreilles, morsures, problèmes cutanés divers…Et tous sont dévorés par les puces, et les vers bien entendu…

Labradors, Boxers, Rotts, Golden et Bergers divers se sont croisés au hasard des affectations dans les annexes pour former cette meute disparate de chiens faméliques livrés à eux-mêmes, ne connaissant de l’homme que l’indifférence et la négligence. Chargés dans des camions spéciaux, ils sont devenus les hôtes du nouveau refuge de la Fondation Assistance aux Animaux dans les Yvelines . « A son arrivée, l’un des chiens était si affamé qu’il a dévoré les crottes d’un de ses congénères, raconte un soigneur désolé. Pour réhabituer certains rescapés à la nourriture, le vétérinaire a ordonné dix tous petits repas par jour. Les voir reprendre du poil de la bête, c’est très émouvant. »

Le travail du personnel et des bénévoles du refuge a seul permis d’apprendre la vie en société à ces parias qui n’avaient connu jusqu’alors que de brefs et épisodiques contacts avec l’homme. Bains, soins d’hygiène répétés, prise de médicaments, manipulations diverses, promenades, câlins, présence humaine et bonnes paroles répétées chaque jour ont porté leurs fruits. Désormais bien dans leurs poils et dans leur tête, tous ces petits rescapés de l’enfer sont désormais suffisamment remis pour prétendre trouver un maître digne de ce nom. Ils vous attendent au refuge.

Aidez la Fondation ! Les animaux ont besoin de vous

N'achetez pas d'animaux ! Adoptez

Adopter un animal

Vous ne pouvez pas m'adopter... parrainez-moi !

Parrainer

Le magazine de la fondation

"La Voix des bêtes" est une revue bimestrielle qui soutient les objectifs de la protection animale.

La Voix des bêtes

Elle propose à ses lecteurs des informations sur l’actualité du monde animal, les textes de lois, les conseils du vétérinaire, les livres parus, le courrier des lecteurs et des dossiers sur des sujets particuliers.