CONTRE LES ANIMAUX DE CIRQUE

Non aux spectacles avec des animaux

Le 18 décembre dernier, le parlement Belge votait à une large majorité l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques. Cette décision attendue faisait suite à une enquête menée courant 2011 et qui avait démontrée la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, de garantir le bien être des animaux dans les cirques. La Belgique vient ainsi rejoindre le clan de plus en plus important des pays européens ayant à cœur le bien-être des animaux. Autriche, Suède, Danemark, Grande-Bretagne, Allemagne, Grèce … et la France dans tout ça?

Peut-on accepter en toute bonne conscience que des animaux soient exploités et ridiculisés dans l’unique but de divertir un petit nombre de personnes ? Force est de constater que si les cirques avec animaux perdurent, c’est qu’ils ont un public. Ce public est en majorité constitué de parents emmenant leurs enfants voulant « voir les animaux » parce qu’ils les aiment. Oui mais voilà : ce qu’ignorent les personnes se rendant à de tels spectacles, ou ce qu’elles refusent de voir, c’est les conditions de vie déplorables que subissent ces pauvres captifs jusqu’à leur mort. Car les paillettes dissimulent la réalité à laquelle doivent faire face les animaux dans les cirques. Et cela perdurera tant que les cirques avec animaux vendront des billets.

Des méthodes de dressage scandaleuses

Fauves sautant dans un cerceau en feu, éléphants debout sur les pattes arrières ou en position assise, ours qui dansent vêtus d’habits ridicules, chimpanzé affichant un rictus de terreur que le dresseur fait passer pour un sourire… Tout est bon pour amuser un public naïf, et les dompteurs parviennent habilement à faire croire que l’animal obéît par plaisir.

Mais comment pensez vous que l’on parvienne à faire prendre des postures douloureuses et contre-nature à des animaux qu’ils soient sauvages ou pas ? Saviez-vous par exemple que, comme a pu l’affirmer l’écrivain Paul Reboux, lorsque vous voyez un chien faire un saut périlleux, d’autres avant lui s’y sont cassés la colonne vertébrale ? Qu’un éléphant ne prendrait jamais une position assise naturellement car cette dernière, très douloureuse, compresse les viscères et le diaphragme et risque de provoquer une hernie ? La seule récompense ne suffit pas. Auteur de plusieurs ouvrages sur les cirques, Pierre Robert Levy écrit en 1992 dans son livre les animaux du cirque « On ne peut sans hypocrisie imaginer un domptage qui n’aurait pas recours à la contrainte et à une certaine violence ». Il ne faut pas se voiler la face : l’animal n’obéît pas par plaisir ou dans l’espoir d’obtenir une récompense mais par crainte Ainsi les spectateurs ne se doutent pas qu’au bout de la baguette tenue par le dresseur des éléphants se cache une pique dissimulé par un ruban ou une fleur. Au moindre faux mouvement, il plantera ce pique dans les partie les plus sensibles du corps de l’animal : derrière les oreilles ou sur la trompe, obtenant par la douleur l’obéissance instantanée du pachyderme. Les spectateurs n’y verront que du feu. Pour les singes et les fauves, c’est plutôt un fouet qui est utilisé. Bien sur, le dresseur n’assène pas de coup en public à ses animaux, il se contente de les diriger en maintenant la pression avec le fouet. On constate souvent les mouvements de reculs qu’ont les animaux lorsqu’ils voient le fouet ou la baguette s’approcher trop près. Pourquoi en auraient-ils peur s’ils ignoraient la douleur qu’elles peuvent provoquer ? Certains dresseurs repentis ont d’ailleurs levé le voile sur la vérité. Leurs témoignages sont effroyables et on ne peut désormais plus ignorer ce que subissent les animaux dans les cirques : Brimés, cassés physiquement et psychologiquement, sans aucune possibilité de fuite ou de se défendre, ils se résignent, soumis et terrifiés, à faire ce que l’on attend d’eux. « Tirer de temps à autre un petit bout de sucre de votre poche, l’offrir à grignoter : votre élève donne une excellente impression au public. Il se persuade que le sujet prend plaisir à exécuter un numéro, qu’il est câliné et dorloté par un maître du soir au matin, et qu’il aime ce maître, à en mourir. Ce sont là des trucs nécessaires pour dissimuler les cruautés du métier. Si on se doutait de celles-ci, tous nos numéros seraient interdits » (Harry Collins – dresseur). Et qui de mieux que ceux l’ayant pratiqué pour en parler ? Les circassiens ont beau dire qu’ils ne maltraitent pas les animaux, les témoignages et vidéos qui circulent sont éloquentes et insoutenables.

Des conditions de détention et de transport déplorables

Ces esclaves vont passer 90 à 95% de leur vie dans une cage ou entravés par des liens ou des chaînes. Pour les fauves, leur espace de vie se limite à une voiture-cage de quelques mètres carrés. C’est là qu’ils vont passer le plus clair de leur temps à ne rien faire d’autres qu’attendre. Certes, l’arrêté de 2011 vient contraindre les cirques itinérants à avoir des cages dites de détentes pour leurs animaux lorsqu’ils s’établissent quelque part, mais d’une part tous ne se sont pas donnés la peine de s’en doter ou même de les installer lorsqu’ils en ont, d’autre part ces cages d’à peine quelques mètres carrés demeurent une prison bien trop petite pour les captifs qu’elles renferment. On peut d’ailleurs considérer que les garder dans un espace aussi restreint est en soi une maltraitance, puisqu’ils ne sont pas détenus dans des « conditions compatibles avec les impératifs biologiques de leur espèce », comme le prévoit la loi. Dans la nature, un fauve saute, grimpe, joue, chasse, explore, bref dépense d’énormes quantités d’énergie. Or dans ces espaces ridiculement petits, il aura seulement la place de se retourner et de faire quelques pas. Le sort des animaux non carnivores n’est guère plus enviable : Les éléphants vivant en liberté passent plus de 16h par jour à rechercher de la nourriture. Ils parcourent une vingtaine de kilomètres quotidiennement. Ils ont besoin de se baigner chaque jour pour hydrater leur peau fragile. Ce sont des animaux sociaux qui vivent en troupeau hiérarchisés et leur équilibre est étroitement lié aux interactions avec les membres de leur groupe. Les captifs des cirques eux se retrouvent à vivre dans un minuscule box, le plus souvent entravés par une chaîne à la patte avant, parfois seul sans aucun contact possible avec un autre membre de leur espèce. Tout déplacement est rendu impossible. Ils ne peuvent même pas se coucher. Ils n’ont pas d’abreuvoir à disposition car ils risqueraient d’uriner durant le spectacle. Bref ces animaux intelligents et sensibles subissent un véritable calvaire, même lorsqu’ils ne sont pas sur la piste. Les conditions de captivité qu’offrent les cirques aux animaux sauvages ne leur permettent aucunement d’exprimer leurs besoins les plus élémentaires et sont à elles seules source d’un énorme stress. En outre, ces animaux subissent des déplacements fréquents eux aussi source d’un stress intense. Un cirque peut parcourir jusqu’à 20 000km par an pour se produire dans plusieurs dizaines de villes. Toute la ménagerie est alors trimballée dans le noir, durant de très longues heures, subissant les cahots de la route, le bruit du trafic, l’odeur de l’essence et les conditions climatiques parfois extrêmes.

Des comportements stéréotypiques liés au stress

Dans ces conditions comment ne pas devenir fou ? On observe chez la plupart des animaux détenus par les cirques des troubles du comportement en réponse au stress quotidien provoqué par l’annihilation de leur nature, conséquence d’une vie de privation. Les fauves et ours tournent et retournent dans leur cage, les éléphants se balancent d’un pied sur l’autre. Ce sont les seuls mouvements que permettent leurs entraves et c’est pour ces animaux l’unique moyen d’évacuer une partie de la frustration provoquée par ces conditions de vie sordides. Ces comportements témoignent ouvertement et aux yeux de tous de leur mal-être et de leur souffrance patente qui trouvent essentiellement leur source dans les conditions dans lesquelles ils sont détenus. Le zoologue Fred Kurt va jusqu’à considérer que les mouvements stéréotypiques de l’éléphant peuvent s’apparenter à la folie humaine.

Des problèmes de sécurité

Associé aux difficultés que rencontrent les autorités pour contrôler les installations des cirques, des accidents ne peuvent que se produire. En effet, étant par nature itinérants, il est difficile de contrôler les cirques et ces derniers flirtent généralement avec l’illégalité. Or cela peut avoir de lourdes conséquences, notamment en matière de sécurité. Ainsi, il n’est pas rare de voir des lions dans leur voiture-cage, accessibles à tous les passants, ou des lamas, dromadaires, chèvres, poneys et autres animaux herbivores attachés sans même un enclos pour empêcher le public de les approcher. Pourtant la législation est claire : Il faut un espace d’1m50 entre le public et les animaux dangereux (arrêté du 21 novembre 1997).

Conséquence de ces négligences, les accidents sont nombreux et spectaculaires : Dompteurs attaqués par les fauves, animaux en fuite qui blessent ou tuent des passants à l’image de cet homme décédé après avoir été fauché par un éléphant échappé d’un cirque ou de cet enfant griffé par un tigre à travers sa voiture-cage en 2012…

Aucune amélioration possible

Et la loi dans tout cela ? La France dispose d’une réglementation relativement rigoureuse en matière de protection et de détention des animaux. Ainsi, deux arrêtés de 1978 régissent les conditions de détentions des animaux sauvages dans les parcs zoologiques (Habitat, dimension des enclos…) , mais ces arrêtés ne viennent pas s’appliquer aux cirques car, bien que détenant des animaux sauvages, ils sont itinérants. Pourtant certains cirques à la base itinérants tendent à se sédentariser. En toute logique, ils devraient donc se voir appliquer les mêmes normes que celles applicables aux parcs zoologiques. Pourtant rares sont les contrôles conduisant à une saisie des animaux. Les cirques bénéficient de passes droits et de subventions qui ne se justifient en aucune manière et ils en profitent. Et quand bien même ils le voudraient, ils seraient bien incapables de proposer à leurs prisonniers des conditions de vie décentes, en adéquation avec leurs besoins les plus élémentaires car ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le font en trimballant des infrastructures trop importantes. En outre, ce caractère itinérant rend les contrôles très difficiles. Un seul texte régit les conditions de détention des animaux dans les cirques et il demeure bien insuffisant pour garantir à ces animaux captifs des conditions de vie acceptables.

Un seul but : le profit

Les cirques n’ont aucune vocation éducative. Pire, ils ternissent véritablement le devoir que nous avons de protéger les animaux en montrant aux enfants comment un homme domine par la force sur un animal captif et effrayé. Il n’est pas admissible d’apprendre à nos enfants à rire de l’humiliation infligée à des animaux et d’applaudir leur souffrance. A ceux qui prétendent que les cirques permettent de sauvegarder les espèces et que les animaux sauvages sont mieux dans les cirques car ils « sont victimes des braconniers à l’état sauvage » (et oui, certains le disent !), nous rappellerons que les cirques ne pratiquent aucun programme de reproduction en vu de réintégration des espèces dans leur milieu naturel. Pour Monsieur L., zoologiste, « aucun cirque ne se soucie de la préservation des espèces et ils n’ont d’ailleurs aucun notion de sauvegarde de ces dernières contrairement à certains parc zoologiques. Ils pratiquent la reproduction uniquement pour le divertissement, crées des hybrides et des spécimens consanguins ; En conséquence, leurs animaux ne peuvent en aucun cas entrer dans les programmes de réintroduction et les cirques qui affirment participer à préserver les espèces mentent ». Il ne faut d’ailleurs pas oublier que les cirques ont à leurs débuts grandement participé à piller la nature de ses animaux sauvages. En outre, on ne soigne pas le mal par le mal et jamais un animal sauvage, qu’il soit né en captivité ou pas, ne sera heureux dans une cage. Le seul but de l’exploitation de ces animaux est d’obtenir de l’argent en divertissant les gens. Les animaux dans les cirques ne sont que des outils à la merci de leur dresseur et rien de plus. Paul Leroyer, ancien dompteur parlait même du dressage en ces termes : « On torture les animaux à des fins lucratives. On les dresse à lever une patte, à sauter dans un cercle. Le public applaudit une fois, deux fois, puis après il se lasse. Il faut trouver mieux chaque fois. C’est la compétition pour de l’argent c’est l’escalade vers l’horreur ».

Que deviennent ces animaux ?

Pas de petites économies pour les circassiens! Les animaux trop vieux pour continuer à être utilisés sont tués et vendus, lorsque c’est financièrement intéressant, à des taxidermistes. C’est notamment le cas pour les félins et les ours. Ces derniers finiront donc généralement empaillés ou en tapis. Contrairement aux idées reçues, rares sont les animaux détenus par les cirques qui finissent leurs jours dans les zoos. En effet, cirques et zoos ont la plupart du temps des intérêts opposés et depuis les années 80 et l’arrivée des programmes d’élevage en vu de la réintroduction des animaux dans leur milieux naturel, il n’y a quasiment plus d’animaux de cirque dans les zoos pour les raisons vues précédemment. En tout état de cause, il n’y aura pas de happy-end pour les pauvres bêtes qui ne seront pas empaillées. Elles finiront généralement leurs jours dans les « quartiers d’hiver » des cirques où les conditions de vie ne sont pas plus enviables, prisonnières et en souffrance jusqu’à leur mort. Il arrive également parfois que les circassiens lèvent le camp en laissant sur place les animaux à faible valeur marchande dont ils ne veulent plus. Enfin, il arrive que ces bêtes, lorsqu’elles sont par exemple difficiles à dresser, soient échangées avec certains zoos peu regardants contre un autre animal du même type. Il est d’ailleurs surprenant de savoir que si les parcs zoologiques recueillent rarement les animaux des cirques, la réciproque n’est pas toujours vraie et certains zoos n’hésitent pas à vendre des animaux sauvages à des cirques, sachant pertinemment les conditions de vie et de dressage qu’ils se verront offrir.

Les animaux sauvages appartiennent à la nature. C’est là qu’est leur place, et nul par ailleurs. La Fondation Assistance aux Animaux se bat depuis toujours contre l’exploitation de ces animaux privés de leur liberté. Grâce à elle, des dizaines d’animaux sauvages ont pu être saisis à différents cirques et se voir offrir une vie meilleure. C’est notamment le cas de Tonga et Aldo, deux hippopotames, confié à la Fondation Assistance aux Animaux sur décision judicaire, et qui ont pu rejoindre une réserve naturelle en Afrique du Sud, tout comme Brutus le lion, retiré au cirque Vitalis en 2007, ou encore Kenya, éléphante de 21 ans, saisie au cirque Zavatta sur plainte de la Fondation .

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