CONTRE L’ÉLEVAGE INDUSTRIEL

Les dessous de l’élevage

En passant devant le rayon viande-poisson du supermarché où sont étalés escalopes, cuisses, filets, saucisses, haché ou jambon, qui pense à la souffrance des bêtes derrière cet étalage indécent ? Cela ne vient pas à l’esprit de tous et pourtant… Derrière ce que l’on appelle « viande » il y’a bien un être vivant, un être qui est né, qui a été élevé et qui a été tué dans l’unique but de satisfaire les palais. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

Des souffrances intolérables

Les lobbies de la bidoche nous font croire qu’avant de finir dans notre assiette, la vache a gaîment gambadé dans les prairies, que le poulet a gratté le sol à la recherche de vers de terre, que le cochon s’est fait câliner par son éleveur… Que nenni. Actuellement, près de 90% de l’élevage de porc s’effectue en batterie. 82% pour les poulets « de chair », et 99% pour l’élevage de lapin « de chair ». Les industriels nous mentent en omettant habilement de nous montrer comment sont traités les animaux d’élevage. Evidemment, cela serait bien trop choquant, et il y a fort à parier que nombre de consommateurs cesseraient immédiatement de manger de la viande si on leur mettait sous les yeux les souffrances dont sont victimes les animaux. Dans notre esprit, la viande ne doit surtout pas être associée à la cruauté, à la souffrance, à la peur et à la violence de l’abattage.

• Les poules pondeuses
Les poussins mâles ne pondent pas et sont donc inutiles. Par conséquent, ils sont violemment jetés sur des tapis roulant dès leur premier jour et finissent soit broyés vivants dans un mixeur géant, soit lentement étouffés dans de grands sacs plastiques. Les poules sont quant à elle entassées dans d’immenses hangars de cages, éclairés au néon, sans jamais aucun repos. Le fond de leur cage en grillage blesse leurs pattes. Elles ne peuvent effectuer aucun mouvement. Puis, gravement abimées par leurs immondes conditions de détention, elles finiront leur misérable existence en aliment pour animaux.

• Les veaux
Retirés de force à leur mère un ou deux jours après leur naissance afin qu’ils ne boivent pas le lait destiné à la consommation humaine, ils sont isolés puis parqués dans d’étroites cages. Certains sont en plus enchainés. Le sol en caillebottis pour permettre l’évacuation des déjections leur blesse les pattes. L’ennui et le manque de leur mère leurs provoquent une détresse intense. Ils ne verront la lumière du jour qu’au bout de 6 mois lorsqu’ils seront entassés sans ménagement dans le camion les menant à l’horreur de l’abattoir.

• Les cochons
Entassés dans des boxes de béton, à mourir d’ennui, ils n’ont rien d’autre à faire que de se nourrir et se battre. L’entassement, l’obscurité, l’hygiène et l’odeur irrespirable provoquent de graves maladies. Ils seront conduits à l’abattoir vers 6 mois, sous les coups parfois très violents des employés pour contraindre les plus faibles à se traîner jusqu’à la mort. Une enquête a récemment démontré que plus de 4 porcs sur 10 présentaient des ecchymoses et blessures dues aux coups reçus lors de leur transfert à l’abattoir.

Epointage des becs, dégriffage des pattes, coupe des queues, rognage des dents, écornage des veaux, castration des porcs, veaux, chapons…. Dans un souci purement économique, tous ces animaux subiront en plus d’affreuses mutilations à vif afin d’éviter qu’ils ne se blessent entre eux durant leur cauchemardesque existence.

Des ignobles conditions d’élevage industriel où la maltraitance se dispute aux interminables et brutales conditions de transport viennent s’ajouter les scandaleuses conditions d’abattage que tout le monde connaît mais qui laissent nos gouvernants indifférents.

Abattage ou torture ?

Si les abattoirs n’ont pas de fenêtre, ce n’est pas pour rien. Personne ne veut savoir ce qu’il s’y passe, cela gâcherait le plaisir de se délecter de la chair des animaux qui y sont tués. Un animal sur 3 est abattu en pleine conscience. En Ile de France, hormis le porc, 100% des animaux sont égorgés à vif. Sanglé dans un tonneau à contention, violemment retourné, la tête douloureusement maintenue dans une mentonnière, la chair est profondément cisaillée dans d’atroces souffrances. Terrorisé, l’animal se vide alors de son sang et de sa vie durant un long (très long) moment. L’agonie d’un bovin peut durer jusqu’à 14 minutes. Bien sur, les employés de l’abattoir ne vont pas attendre un quart d’heure que la bête agonisante crache son dernier souffle. Il faut aller vite, la cadence doit être respectée. Alors l’animal qui se débat est suspendu de tout son poids par une patte, puis dépecé en toute conscience. Ne croyez pas qu’il s’agit d’une exception. La cadence d’abattage peut aller jusqu’ à 70 bovins à l’heure, soit plus d’un animal égorgé par minute. Pour les moutons, cela peut monter jusqu’à 400 animaux à l’heure ! Or un bovin met en moyenne 2 minutes à perdre conscience après l’égorgement, contre 45 secondes à 1 minute pour un ovin. Le calcul est vite fait. A noter que la plupart du temps, les animaux voient leurs congénères qui viennent d’être suspendus et dont certains se débattent encore. Cette vue de leurs semblables en souffrance est une source de stress et de peur intense. En plus de leur souffrance physique, ces bêtes se trouvent dans une situation de détresse psychologique que beaucoup d’entre nous ne supporteraient pas.

Une hypocrisie culturelle

Pourquoi et comment l’homme a t-il choisi les espèces qu’il mangerait et celles qu’il chérirait ? Pourquoi en France, manger du chien est particulièrement choquant, tandis qu’il constitue un plat traditionnel dans certaines régions de Chine ? En quoi est-il plus choquant de manger un cheval qu’une vache ? Tous deux sont pourtant des êtres vivants, ils respirent, ils mangent, ils aiment et ils souffrent. Ces interrogations auxquelles il est délicat de trouver une réponse démontrent en tout cas l’hypocrisie de ce système qui veut que certaines espèces soient tuées et mangées, et d’autres choyées. Certains essaient de se donner bonne conscience en consommant du poisson parce qu’ils croient – ou veulent croire – que ce dernier ne souffre pas, sans doute parce que leur souffrance n’est pas audible. Alors nous leurs faisons subir les pires atrocités. Brutalement tirés de leur milieu naturel, ils agonisent, privés d’air, éventrés et vidés vivant, durant d’interminables minutes. Saviez vous que lors de la remontée des filets, le changement soudain de pression expulse leurs yeux de leurs orbites et fait sortir leurs organes par la bouche ? Un véritable calvaire silencieux qui ne choque pas grand monde, car ce ne sont que des poissons. Pourtant, un article paru dans le Daily Mail en juin dernier mettait en évidence que les poissons ressentent la douleur, sont dotés d’une bonne mémoire, utilisent des outils, développent des traditions culturelles, coopèrent, se réconcilient. Selon le Pr. Culum Brown, spécialiste des poissons à l’Université Macquarie (Australie) « Nous devrions donc inclure les poissons dans notre champ de considération morale et leur procurer la protection qu’ils méritent ».

Des risques pour la santé

Listeria, Ecoli, grippe aviaire, porcine, vache folle, salmonelles… Les scandales sanitaires ayant comme source la consommation d’animaux sont multiples. Et les systèmes modernes d’élevage, avec une densité importante de bêtes détenues dans un espace toujours plus restreint, sont de véritables incubateurs. Pour qu’ils supportent l’insupportable, les animaux sont gavés d’antibiotiques parfois même quotidiennement, comme pour les poulets. Sans cela, ils mourraient de leurs conditions de détention. Seulement, ces antibiotiques se retrouvent ensuite dans la chair des animaux consommés et donc dans l’organisme des hommes qui les mangent. En outre, nous consommons de plus en plus de viande. Cette surconsommation a pour effet d’augmenter les risques de maladies et cancers divers : Cancers du colon, de la prostate, maladies cardiovasculaires, obésité, cholestérol. Enfin, difficile de nos jours de savoir ce que nous avalons. Pour preuve, le scandale de la viande de cheval ou encore le fait que le consommateur mange un animal issu d’un abattage rituel à son insu.

Des alternatives existent

Alors même que le consommateur connaît les méfaits de l’élevage, il continue de fermer les yeux sur ce concentré de souffrance. Est-ce de la faiblesse ? De l’indifférence ? De l’hypocrisie ? Il y’a quatre raisons pour lesquelles les gens mangent de la viande. L’habitude, la tradition, la facilité et le goût. Dès leur plus jeune âge, les enfants rechignent à manger de la viande et refusent même catégoriquement s’ils ont conscience que ce qu’ils ont dans leur assiette est un animal mort. Mais l’éducation qu’ils reçoivent va peu à peu les conditionner à penser différemment. Nous leurs apprenons que l’homme est supérieur à l’animal, que ce dernier est fait pour être mangé, et que tout cela est dans l’ordre naturel des choses. Mais c’est faux. L’ancêtre de l’homme, l’Australopithèque, était d’ailleurs végétarien. Manger de la viande n’est pas vital pour l’homme et par conséquent, tuer des animaux pour manger leur chair pas nécessaires. Qui sommes nous pour disposer de leur vie pour notre seul plaisir ? La plupart d’entre nous continue de manger de la viande car ce régime alimentaire est tellement encré en eux qu’ils ne sauraient finalement pas vraiment quoi manger d’autre. La croyance populaire veut que l’assiette du végétarien soit ennuyeuse et peu appétante. Pourtant il n’en est rien. De nos jours, les industriels créent des substituts de viande au goût et à la texture tout à fait comparables : nuggets de faux poulets, saucisses et brochettes, escalopes, steaks, faux jambon… La quasi totalité des produits carnés a son double végétarien, un peu plus cher, certes, mais éthique et abordable.

La meat reduce

Une pensée pour le long calvaire d’un poulet, d’une épaule qui arrive rôti sur la table devrait au moins nous amener à réduire notre consommation de chair animale. La plupart des français mangent de la viande à tous les repas, alors que selon les nutritionnistes, une à deux fois par semaine suffit amplement. Réduire sa consommation devrait déjà avoir pour effet de diminuer le nombre de bêtes dont le long calvaire d’engraissement qui s’achève par l’inacceptable égorgement à vif nous interpelle. Tout cela donne plus la nausée que de l’appétit. Ceux qui ne sont pas végétariens, savent-ils que réduire leur consommation à un jour ou deux par semaine éviterait le sacrifice de plusieurs milliers d’animaux ?

Consommer plus éthique

On ne va pas se leurrer, manger bio, ça coute plus cher. C’est vrai, mais manger bio, c’est aussi plus sain, d’une qualité supérieure, meilleur pour la planète, moins traumatisant pour les bêtes (bien que quelque soit la filière, toutes sont tuées dans les mêmes conditions, bio ne veut pas dire « étourdit avant abattage »). Alors ne vaut-il pas mieux privilégier la qualité à la quantité ? Ceux qui ne sont pas prêt à changer leur régime alimentaire peuvent tout de même consommer mieux. En choisissant un ou deux jours « sans viande » dans la semaine, cela permet d’acheter des produits de meilleure qualité et donc plus éthiques. Cela permet surtout de favoriser de meilleures conditions de vie aux animaux et de ne pas cautionner l’élevage industriel et tout ce qu’il a de plus horrible. Si la prise de conscience est longue, elle fait lentement son chemin. Aujourd’hui si les végétariens représentent moins de 5% des consommateurs, les omnivores ne veulent pas manger de viande issues de bêtes qui ont souffert durant leur élevage ou leur abattage. Arrêter de manger de la viande, ou réduire sa consommation est à la portée de tous. Engagez vous en faveur de la cause animale et environnementale en réduisant votre consommation. Vous sauverez à vous seul des centaines de vies.

La Fondation Assistance aux Animaux participe activement à l’élaboration des lois liées aux animaux, notamment celles relatives aux conditions de détention des animaux d’élevage et leur abattage et s’oppose fermement à tous les projets de fermes-usines qui voient le jour. Mais ceux qui peuvent réellement faire la différence, c’est vous. N’entrez pas dans le jeu de l’industrie de la viande. C’est le consommateur qui décide de ce qu’il veut. A lui, à vous, à nous tous de choisir notre camps. La rentabilité ne doit se faire sur le dos des animaux ni du consommateur.

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