CONTRE LA CHASSE

Tous aux abris ! La chasse est ouverte…

La saison de la honte reviet tous les ans en France. La petite minorité des chasseurs va confisquer en toute quiétude une part non négligeable du patrimoine commun aux promeneurs, naturalistes et amoureux de la nature au profit de son hobby contre-nature : abattre dans les campagnes et les forêts le plus possible d’animaux nés pour vivre libres avec tous les raffinements imaginables de cruauté.

C’est une situation ubuesque : 2% de la population tient en otage les 98 autres % des citoyens français pour abattre en quelques mois pas moins de 30 millions d’animaux chaque année. Qu’importe que la majorité démocratique soit absolument opposée à la chasse ! Ce sont les chasseurs qui font les lois pour les chasseurs et chacun devrait s’y plier, renonçant même dans leur logique au droit de s’opposer chez soi à la poursuite d’une chasse à courre par exemple… L’Europe en tous cas ne suit pas ces raisonnements spécieux, les associations de lutte contre la chasse s’organisent et le droit des chasseurs à exterminer la faune régionale est de plus en plus remis en question. Cependant face à un lobby puissant, il y a fort à faire !

Des victimes sans statuts

Mais qui sont donc ces gens qui érigent en passe-temps habituel l’activité de tuer ? Quel plaisir ont-ils à abattre à l’arc ou au fusil, à forcer, à lacérer à l’arme blanche voire à écraser à coups de botte leurs victimes animales débusquées au fond de leur terrier comme dans les bosquets ? Quel joie malsaine ont-ils à les livrer vivantes aux crocs des chiens qui les dévorent ? Comment peuvent-ils emmener leurs enfants dans ces entreprises sanglantes, comme s’il s’agissait d’un tour de manège ou d’autos-tamponneuses ? Quelle haute idée ont-ils d’eux-mêmes pour s’arroger le droit de vie mais surtout de mort sur la faune qui les entoure, au mépris des opinions contraires du plus grand nombre ? Comment peuvent-ils s’adonner à des types de chasse particulièrement cruels où le rituel de caste obsolète le dispute à l’obscène ?

La chasse à courre est interdite en Angleterre, son berceau historique. Mais en France, elle a parfaitement droit de cité. Les équipages poursuivent à cheval jusqu’à épuisement le renard, le lièvre, le sanglier, le cerf ou le chevreuil, troupe hurlante et avide de sang derrière un animal terrorisé qui perd ses dernières forces en un combat inégal. Le chasseur monte un cheval, ce qui lui épargne les efforts physiques. Il en change pour une monture fraîche lorsqu’elle n’a plus l’énergie suffisante pour courser le gibier. Il trouve son plaisir dans une traque inhumaine où le mot grâce n’a pas cours. ; L’usage de la vénerie veut que soit épargné l’animal qui chassé depuis le matin est encore vivant au soir tombé. En trois ans d’enquête sur le sujet, on n’a jamais vu cette règle appliquée au cours d’une chasse à courre.

Ce qui se produit, c’est autre chose, des actes que la loi qualifierait de sévices ou de cruauté, si ce traitement s’appliquait à une autre espèce. Les animaux sauvages hélas ne sont pas légalement reconnus comme des êtres sensibles, mais comme des objets inanimés dont seules certaines espèces en voie de disparition sont quelque peu protégées. Faire dévorer des faons de quelques semaines par une meute de chiens, c’est légal. Forcer une laie gestante dans ses derniers retranchements pour la « servir » à l’épieu en dernier ressort, c’est de la régulation de la faune. Noyer un cerf dans un étang, l’empêchant de sortir de l’eau pour lui ôter toute possibilité d’échapper à la meute en se réfugiant sur les terres d’un anti-chasse déclaré, c’est sans doute exalter les valeurs du fair-play ? Pousser les chiens à mettre en pièces un renard 600 000 à 1 million de fois par an, ce serait écologique ?

Panneaux-refuges officiels

Et ce, même si 4 Français sur 5 se déclarent contre chasse à courre, 3 sur 4 réclamant son interdiction immédiate, si 85% trouvent cette pratique cruelle, 76% la qualifiant d’obsolète et 72% de dangereuse. Qu’importe que 2 millions de cavaliers, 15 millions de randonneurs, 20 millions de cyclistes, des promeneurs, des naturalistes soient privés de leur hobby plus de 5 mois par an au seul bénéfice d’un million de chasseurs !

Les chasseurs à courre bafouent la propriété privée au point de venir achever leurs victimes lors même que les propriétaires des terrains sont contre ! Il faut avec l’aide d’une association déclarer la mise en refuge de son terrain par une convention officielle pour avoir le droit d’apposer des panneaux-refuges en limite de propriété interdisant la poursuite de la chasse sur ses terres (fusse un jardin, s’il a été installé selon des règles de respect de la nature : une mare, des haies pour les oiseaux, etc …). Ce classement est communiqué aux associations de chasseurs et à l’ONCFS, qui est chargé de constater, verbaliser et recueillir les plaintes en cas de non-respect des zones-refuges.

Les chasseurs à courre sont des gens qui n’ont pas non plus le respect de leur « matériel jetable animal », leur monture. Aller vite et loin sous la cravache et les talonnades et puis un jour, l’abattoir pour prix de leurs services. Quant aux chiens de meutes, ils ne connaissent trop souvent que l’entassement au chenil, l’attente de la traque et de l’hallali dans les camions, la défense meurtrière d’un sanglier blessé dans le flanc parfois, leurs utilisateurs les « usant » comme bon leur semble.

Le carnage du déterrage

Plus rustique, c’est-à-dire dénuées des falbalas qui entourent la sordide réalité de la chasse à courre, les pratiques de « déterrage ». Une activité tellement répugnante que les clubs qui s’y adonnent (il existe des concours !) refusent de communiquer sur leur passe-temps auprès des non -initiés. Le commun des citoyens étant soupçonné de ne rien « comprendre » à cette chasse infecte de ceux qu’on appelle par facilité les nuisibles. Le déterrage, qui intervient entre mars et juin selon les espèces, c’est la vénerie sous terre, pratiquée là encore avec des chiens, terriers ou teckels. Des animaux suffisamment petits pour se glisser dans les terriers et y acculer leurs locataires, en attendant que leurs maîtres dégagent une voie pour les en expulser manu militari. Le chien se glisse dans le boyau et fait rempart de son corps pour empêcher le locataire des lieux de sortir. Par ses aboiements furieux, il guide les hommes armés de pelles et de pioches à l’extérieur, vers l’endroit où leur proie résiste. De violents combats ont lieu sous terre, le chien comme l’animal traqué payant cher ce face à face imposé. Lorsque la proie est débusquée, on la saisit à l’aide de pinces métalliques par le cou, le museau, la tête, le corps ou une patte, et on « l’arrache » à son terrier. S’ensuit la mise à mort : pistolet, dague ou couteau pour les renards et les blaireaux adultes, tandis que les renardeaux et les blaireautins sont achevés à coups de pelle, voire de talon, en présence d’enfants qu’on habitue ainsi très tôt à trouver normal cet effroyable carnage. Tant pis pour les victimes collatérales, les chats forestiers, les loutres ou les chauve-souris qui partagent les terriers des renards ou des blaireaux… tant pis pour les blaireaux français qui sont livrés à la destruction alors que leurs cousins d’Espagne, de Grande-Bretagne, d’Italie, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Danemark, de Grèce, d’Irlande ou du Portugal sont eux, interdits de chasse.

Les jeux du cirque ressuscités

Dernier scandale né d’esprits particulièrement pervers : les sangliers chassés en enclos par des Dogues Argentins initialement élevés pour détruire les pumas. Le principe est simple et imparable : les chiens, très rapides et puissants, 65 centimètres au garrot pour une cinquantaine de kilos, sont lâchés en meute dans un enclos de quelques hectares où sont enfermés des sangliers. Pas d’intervention humaine cette fois, on assassine par procuration. Les spectateurs sont des voyeurs avides d’images sanglantes qui assistent à des jeux du cirque d’un autre âge. Car au bout d’une épuisante course poursuite, le sanglier finit par être acculé contre l’enceinte où les Dogues Argentins viennent le mettre en pièces sous les yeux des voyeurs ravis de la curée. Une plainte a beau être déposée pour « chasse prohibée, sévices graves, actes de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité », et la Fondation Assistance aux Animaux se constituer partie civile, aucun coup de frein n’est apporté de la part des autorités à ces manifestations. Les Dogues argentins ne sont pas sur la liste des chiens dangereux même s’il est interdit de les dresser à l’attaque. Et s’ils sont interdits de chasse dans les espaces ouverts, les enclos cynégétiques privés leur offrent une alternative jusqu’à présent considérée comme légale. Conséquence : les propriétaires de Dogos viennent de toute l’Europe pour entraîner leurs chiens aux jeux du cirque…

Après ces horreurs, la chasse classique au fusil, paraîtrait presque anodine. Elle est en tous cas de nos jours inutile (personne ne chasse plus pour se nourrir dans cette partie du monde) et cruelle (les chasseurs s’arrogent le droit de mort sur la faune sans le moindre respect du vivant ou des protecteurs de la Nature. Tous ne sont pas –loin s’en faut- des tireurs hors pair et ils laissent derrière eux des animaux blessés qui périssent lentement dans d’affreuses souffrances). Leur argument de régulation de la faune sauvage est un leurre. A la fin des années 60, quand la rage a opéré un retour en force dans l’hexagone, on a d’abord chargé les chasseurs d’éliminer les renards en nombre pour stopper l’épidémie. En vain, c’est la vaccination orale qui est venu à bout du fléau. La vraie régulation des espèces passe par des campagnes de régulation des naissances et de redistribution des territoires sauvages.

 

« On ne peut pas dissimuler le but de la chasse par de grands mots qui servent si bien à cacher le véritable caractère de manifestations barbares.»

Plus que jamais, l’analyse de Tolstoï reste d’actualité.

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